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Jacques Amyot (1924 – 2018)

Chevalier (2001)

Premier Canadien de sexe masculin à avoir franchi la Manche à la nage, Jacques Amyot était un athlète accompli dont le parcours compétitif s’est échelonné sur plusieurs décennies et qui s’est immortalisé en effectuant la première traversée du lac Saint-Jean. Outre la natation longue distance en eau libre, ce sportif avait excellé, dans les années 1940 et 1950, dans le ski alpin (descente, slalom et saut) et pratiqué, dès la jeune vingtaine et jusqu’à un âge très avancé, le cyclisme et le ski de fond.

M. Amyot vit le jour à Québec en 1924. Au cours de sa carrière, il avait été dessinateur industriel, puis, pour des sociétés de spiritueux, représentant et directeur.

En 1939, il prit part à une épreuve de natation disputée près de Québec, au lac Saint-Joseph, dans laquelle il termina deuxième, ce qui l’a aussitôt fait remarquer par l’entraîneur Jos Lachance*.

Au cours des huit années suivantes, ce spécialiste du crawl remporta la classique de nage de Québec, au lac Saint-Joseph, et rafla le titre de champion du Québec à l’épreuve 5 milles nage libre, et ce, à cinq reprises.

En 1948, il passa du statut amateur au statut professionnel, et ce, après avoir tenté de se qualifier aux essais du 1 500 mètres nage libre en bassin pour les Jeux olympiques de Londres. À l’époque, il n’y avait pas d’épreuve olympique de longue distance.

Le 19 septembre 1954, il parvint à remonter, d’un seul trait, le fleuve Saint-Laurent entre Sainte-Anne-de-Beaupré et sa ville natale.

Le 23 juillet 1955, il se distingua par un exploit jugé jusqu’alors impossible, soit de traverser le lac Saint-Jean à la nage; malgré une météo qui devenait musclée (pluie, grêle, éclairs, forts vents, hautes vagues), il parcourut les 26 kilomètres** séparant Mistassini – dans le secteur Vauvert à l’embouchure de la Péribonka – et Roberval en 11 heures 32 minutes.

Quelques mois plus tard, il réalisa une autre grande première, soit de faire le tour de l’île d’Orléans à la nage; il avala les quelque 80 kilomètres en une quinzaine d’heures.

Le 17 juillet 1956 a été sa consécration; il franchit, à partir de l’Hexagone, la Manche à la nage en 13 heures 2 minutes. En 1975, à l’âge de 50 ans, il réitéra sa prestation, cette fois en s’attaquant au même plan d’eau en sens inverse, soit de l’Angleterre à la France.

Entre ses deux exploits européens, il a poursuivi ses activités de nageur de fond en multipliant les prouesses et les records. Il descendit la rivière Chaudière de Saint-Georges à Vallée-Jonction en 7 heures 34 minutes, en 1959, gagna une course (Georgeville-Magog) contre le premier conquérant du lac Memphrémagog, en 1958, nagea entre Neuville et Québec une dizaine de fois et refit officiellement la traversée du lac Saint-Jean en 1959, 1962 et 1974.

Chez les maîtres-nageurs, M. Amyot, fort de huit titres nationaux, de seize records canadiens et de quarante-sept records provinciaux, arrêta de faire de la compétition après avoir dépassé les 85 ans d’âge.

* Après le décès de Jos Lachance, le nageur Ben Drouin a pris le relais. C’est avec lui que M. Amyot a traversé, une seconde fois, la Manche en 1975. Puis ont suivi les entraîneurs Raymond Roy et Gilles Demers.

** Bien que de 26 km, à ses débuts, la traversée du lac Saint-Jean est passée à 30 km, en 1959, à 31 km, en 1965, et à 32 km en 1972. La première compétition, soit celle de 1955, comptait six hommes et une jeune fille, mais tous ont été contraints d’abandonner avant l’arrivée, sauf, bien sûr, M. Amyot. Au fil des ans, la traversée a acquis de la notoriété, les compétitions annuelles attirant de grandes nageuses et grands nageurs étrangers et canadiens, si bien qu’on l’a qualifiée d’internationale, avec le départ déplacé à Péribonka pour plus de sûreté et de praticité.

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