Ordre national du Québec - Honneur au peuple du Québec

Restaurer la taille du texteAugmenter la taille du texte


20 juin 2019Cérémonie annuelle de remise des insignes – Chevaliers et chevalières

Transcription

Donc je commence avec monsieur Florent Vollant

(Applaudissements)

Ici. Merci! Là, il faut que vous regardiez là. C’est le premier qui est difficile! Oui, oui! Les autres, ils vont juste vous copier.

M. Vollant : – Le premier, ça, je le sais!

M. Legault : – (Rires) Donc vous êtes auteur-compositeur-interprète et citoyen de la nation innue. Et vous êtes né au Labrador. Vous avez grandi à Maliotenam, près de Sept-Îles. Vous avez acquis une popularité internationale, dans les années 80-90, je me rappelle, avec le groupe Kashtin. Vous vous êtes produit pas mal partout, de la Bolivie jusqu’à la Corée du Nord... du Sud! Excusez! (Rires) Quand même! Pas encore du Nord!

Et vous l’avez fait en chantant en innu. Donc c’est quand même spécial!

Et puis, vous avez atteint, même, le palmarès des 10 meilleures chansons en France! En France!

Et vous avez mené, depuis ce temps-là, maintenant, une carrière solo, toujours dans la langue de vos ancêtres. Et vous parrainez aussi plusieurs initiatives culturelles. Votre poésie parle d’espoir et de l’amour de la Terre.

Merci d’être cet ambassadeur de la nation innue, puis merci d’incarner cette amitié entre nos peuples.

Donc, Florent Vollant, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Je m’excuse, Monsieur Vollant : ils me disent qu’il faut que je commence avec le prochain pendant que vous signez. Ce n’est pas un manque de politesse; ça a l’air que c’est la tradition.

M. Vollant : – Ben là, c’est sûr!

M. Legault : – OK!

Donc maintenant, madame Maïr Verthuy

(Applaudissements)

Donc vous êtes née au Pays de Galles et êtes arrivée à Montréal au milieu des années 60. Vous avez placé la langue française au cœur de votre vie, aux côtés du féminisme.

Mme Verthuy : – Oui, oui!

M. Legault : – Oui! (Rires) Vous avez été professeure, pendant une trentaine d’années, au Département d’études françaises de l’Université Concordia. Vous y avez cofondé et dirigé l’Institut Simone de Beauvoir, qui a été le premier centre d’études féministes au Canada. Grâce à votre travail d’enseignement et de recherche, vous avez ouvert la voie pour que les écrivaines francophones du Québec soient publiées, lues, traduites et étudiées dans les universités. Et votre engagement féministe vous a notamment menée à diriger la Fondation Thérèse-Casgrain et le Conseil des femmes de Montréal.

Donc merci d’avoir été ce pont entre la cause féministe et la littérature québécoise au féminin.

Donc Maïr Verthuy, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur Alain Trudel

(Applaudissements)

Monsieur Trudel, vous êtes le directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Laval. Depuis vos débuts, en tant que soliste avec l’Orchestre symphonique de Montréal, à 18 ans, vous avez poursuivi un parcours comme soliste et chef invité partout dans le monde. Votre réputation est telle, que plusieurs œuvres ont été écrites expressément pour vous. De l’Europe à l’Asie, en passant par les Amériques, vous faites rayonner le Québec dans le monde, entre autres en tant que directeur artistique de l’Orchestre de Toledo, aux États-Unis, et comme chef invité dans plusieurs maisons d’opéra. À Laval, vous avez notamment instauré un programme de composition musicale, qui permet à des jeunes des écoles secondaires de créer leurs propres œuvres originales et de participer à vos concerts.

Donc merci de faire rayonner la musique et le Québec. Merci de redonner à la jeunesse ce que vous avez reçu.

Donc Monsieur Alain Trudel, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Madame Verthuy! Pendant que vous êtes debout... on a oublié la photo!

(Rires et applaudissements)

Maintenant monsieur Roland Smith

(Applaudissements)

Donc Monsieur Smith, vous avez étudié en imprimerie, mais votre passion, c’est la diffusion du cinéma. En 2013, vous avez célébré vos 50 ans de programmation en salle. Dans les années 60, vous avez été gérant et propriétaire de salle. Puis on a fait appel à vous, dans les premières salles indépendantes de cinéma, comme l’Outremont, où vous avez programmé jusqu’à 500 films par année. Vous avez donc fait connaître aux cinéphiles québécois les Bergman, les Leone, les Polanski. Et vous avez été directeur général des cinémas Famous Players, avant que la Boîte noire, Renaud-Bray, Archambault et les SuperClub Vidéotron requièrent vos services pendant les belles années des films VHS. On se souvient de ça!

Vous êtes allé 40 fois à Cannes – pas pour vous amuser! – pour voir les films avant qu’ils viennent chez nous et pour conclure des contrats de distribution. En 2006, vous êtes redevenu directeur de salle – toujours exact? – en ramenant à la vie le Cinéma du parc, à Montréal. Donc tout au long de votre carrière, vous vous êtes fait un devoir de programmer des films québécois. Vous détenez d’ailleurs les droits sur une quarantaine d’œuvres, notamment de Claude Jutra et des films de Gilles Carle, que vous avez offerts à Éléphant, la mémoire du cinéma québécois.

Donc merci d’avoir partagé votre passion pour le cinéma avec plusieurs générations de Québécois.

Donc Roland Smith, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant madame Louise Sicuro

(Applaudissements)

Donc vous avez étudié en gestion d’organismes culturels à HEC Montréal – ça me dit quelque chose, ça – et vous n’avez pas dévié de votre voie. Vous avez étudié à l’organisation d’activités culturelles à la Ville de Saint-Léonard et à la Communauté urbaine de Montréal. En 1997, vous avez pris la tête du Secrétariat des journées de la culture, rebaptisé Culture pour tous, que vous dirigez depuis 23 ans. Vous êtes l’âme dirigeante des Journées de la culture, qui sont devenues, chaque année, à la fin septembre, une explosion culturelle dans tous les coins du Québec. En 2001, ces journées avaient déjà une telle ampleur que l’on comptait plus de 1 000 organismes associés, quelque 10 000 artistes et travailleurs culturels et des milliers d’activités offertes gratuitement dans les quartiers et les écoles de 300 municipalités.

Donc merci de ce travail incroyable, qui rend accessible au plus grand nombre la joie de côtoyer les arts et la culture.

Donc Louise Sicuro, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Monsieur Robert Prud’homme

(Applaudissements)

Vous avez étudié en chimie à l’Université de Montréal. Ensuite, vous avez obtenu un doctorat en science des polymères, à l’Université du Massachusetts. Et ensuite, vous êtes revenu faire vos études postdoctorales à l’Université de Montréal. Vous êtes un spécialiste de renommée internationale de la physio... – attendez une minute – la physicochimie... c’est bien ça?

M. Prud’homme : – Oui.

M. Legault : –... des polymères, comme le polyester. Donc vos travaux de recherche et vos découvertes ont des applications dans le monde entier, dans une foule de domaines comme la valorisation et le recyclage du plastique, l’encapsulage des médicaments, l’alimentation électrique et les nanotechnologies. Vous avez aussi fondé, à l’Université Laval, un laboratoire, qui est sans pareil en Amérique du Nord et qui est spécialisé dans les macromolécules. Dans votre sillage, vous avez formé 60 étudiants à la maîtrise, 32 au doctorat et 50 chercheurs postdoctoraux.

Donc merci de faire briller la science et le génie québécois. Merci de préparer la relève scientifique à changer le monde pour le mieux... une molécule à la fois!

Robert Prud’homme, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

J’espère que vous êtes un peu impressionnés! En tout cas, moi, je le suis!

(Rires)

Maintenant monsieur Michel Phaneuf

(Applaudissements)

Monsieur Phaneuf, à la fin des années 70, vous avez laissé votre emploi de professionnel, au collège Bois-de-Boulogne, pour vous consacrer à une passion qui était, à l’époque, rarissime : le vin. Au Québec! Peut-être qu’en France, il l’était moins, mais ici, ce l’était.

Donc vous avez mis à profit vos habiletés en communication et vous vous êtes lancé dans l’éducation populaire sur le plaisir du vin, sur la manière de reconnaître et de savourer le vin. Et vous avez animé – on ne les compte plus – d’innombrables séances de dégustation. Vous y êtes pour mon... un peu, pour mon surpoids, pour quelque chose! (Rires)

En 1981, vous avez publié votre premier guide d’achat, qui est, l’année dernière, paru pour la 38e fois. Qui n‘a pas lu son guide? En tout cas, ceux qui aiment le vin!

Parallèlement, vous avez fait naître le bulletin La fine goutte,puis votre club, Les amitiés bachiques, qui compte des milliers de membres. Votre passion contagieuse a même une influence marquée sur les ventes et le catalogue de la Société des alcools. Quand vous recommandez un vin, ils remplissent les tablettes.

Donc par ce canal du bon vin, vous avez aussi eu une influence certaine sur – puis Lisa va être d’accord avec moi – sur la gastronomie québécoise.

Donc merci d’avoir été ce pionnier qui a initié les Québécois au plaisir du vin et de la bonne table. Merci de ce bonheur que vous avez partagé.

Donc Monsieur Michel Phaneuf, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur Robert Panet-Raymond

(Applaudissements)

Maintenant, on tombe dans un domaine que je connais un petit peu mieux. Non mais, je parlais, entre autres, des molécules; je connais moins ça que les affaires! (Rires) Même le vin... je connais plus les affaires.

Donc vous êtes, Monsieur Panet-Raymond, ingénieur civil de la Polytechnique et détenteur d’un MBA de la Harvard Business School. Vous avez fait carrière dans le monde des affaires. Au milieu des années 80, vous êtes devenu président et chef de la direction des Rôtisseries St-Hubert, qui ont connu, sous votre direction, un développement accéléré. Vous avez aussi été, pendant plus de 12 ans, premier vice-président du groupe entreprises à la CIBC. Vous vous êtes aussi démarqué – et ça, c’est remarquable, encore – par l’ampleur de votre engagement social – on parlait tantôt « ensiem »... ensemble – et votre engagement philanthropique dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’entraide et du sport amateur. On ne compte plus les comités, les conseils et les campagnes de financement que vous avez présidés. Et entre... en 2014 et 2000... en 2011 et en 2014, vous avez personnellement fait des dons de plus de 800 000 $, qui ont permis la réfection du Centre d’éducation physique de l’Université de Montréal. Ceux qui sont allés là : le fameux CEPSUM! Donc...

M. Panet-Raymond : – Go, Carabins!

M. Legault : – Go, Carabins, go? Ouin... Il va peut-être y avoir du Rouge et or, ici, aujourd’hui! Éric dit « on modère nos transports »!

Donc Monsieur Panet-Raymond, merci d’incarner la conjugaison du succès en affaires et de l’engagement social. Merci d’avoir tant redonné à nos jeunes.

Robert Panet-Raymond, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Monsieur Jean-Pierre Léger

(Applaudissements)

C’est un hasard, là, mais... on reste dans St-Hubert!

M. Léger : – Ben oui!

M. Legault : – Donc, Monsieur Léger, ce sont vos parents qui ont fondé St-Hubert Bar-B-Q en 1951. Vous y êtes entré en 1966. Vous y avez passé toute votre carrière. Vous avez tout fait, de la cuisine jusqu’à la présidence. En 1977, vous étiez vice-président aux opérations. Vous avez développé le franchisage – un exemple qui était d’ailleurs suivi par d’autres. Donc en deux ans, St-Hubert est devenu la plus grande chaîne québécoise en restauration. Et vous avez mené l’entreprise, aux côtés de votre sœur Claire, jusqu’au tournant des années 2000; puis ensuite, comme unique actionnaire. Et vous avez toujours été un innovateur branché sur les goûts des consommatrices et des consommateurs : poulets de grain, environnement sans fumée, compostage, recyclage et bornes de recharge électrique – on a ça aussi chez St-Hubert – pour les véhicules. Vous avez aussi amené les produits St-Hubert dans les épiceries – on en achète – et vous avez mis sur pied une division au détail, que vous avez aussi fait grandir.

Donc merci de cet entrepreneuriat marquant et inspirant.

Jean-Pierre Léger, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur Philippe Gros

(Applaudissements)

Donc vous êtes né en France – ce n’est pas un défaut – (rires) et êtes arrivé au Québec à l’adolescence. Donc vous détenez un baccalauréat en biochimie, une maîtrise en bri... en microbiologie et immunologie de l’Université de Montréal et un doctorat en médecine expérimentale de l’Université McGill, où vous êtes toujours professeur et chercheur. Vous êtes un spécialiste de renommée internationale de la génomique et de la génétique. Vous êtes reconnu pour la découverte de plusieurs gènes responsables de divers cancers et maladies « infectueuses »... infectieuses, pardon! Vos travaux ont permis la mise au point de nouveaux médicaments et de nouvelles technologies diagnostiques. Vous avez, entre autres, découvert le gène qui permet de lutter contre des infections comme la tuberculose, la lèpre et la typhoïde. Vous êtes aussi à l’origine de la découverte des facteurs génétiques en cause dans le spina-bifida, la deuxième anomalie congénitale la plus commune chez l’humain. Vous êtes titulaire de six brevets et l’auteur et coauteur de quelque quatre cents publications scientifiques.

Donc merci d’être devenu Québécois! (Rires) Merci. Merci d’avoir fait avancer la connaissance qui repousse la maladie.

Donc Philippe Gros, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur Geoffrey Green

(Applaudissements)

Donc vous êtes né à Scarborough. Ça non plus, ce n’est pas un défaut!

Vous avez fait vos études en sciences politiques à l’Université Queen’s. Vous êtes un explorateur, un défenseur de la biosphère, un entrepreneur social et un « écopédagogue », c’est ça? Écopédagogue... c’est comme ça que vous vous appelez, d’ailleurs! Bon, vous n’avez pas le droit... OK!

Vous avez effectué plus de 120 expéditions de groupe, en Arctique, en Antarctique et dans plusieurs dizaines de régions les plus reculées du globe. En 1999, vous avez créé la Fondation Students on Ice, qui offre à des jeunes de partout dans le monde la possibilité de participer à des expéditions éducatives. En 2017, vous avez organisé et dirigé l’expédition historique Canada C3. Et ce projet consistait en un voyage avec 150 jours : 25 000 kilomètres, le long de la côte canadienne, qui mettaient en valeur le passé, le présent et l’avenir du Canada. Vos expéditions ont permis la diffusion de plusieurs émissions télévisuelles et de documentaires qui ont été diffusés partout dans le monde.

Donc merci de conscientiser les jeunes du monde sur la beauté et la fragilité de notre planète.

Geoffrey Green, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur François Girard 

(Applaudissements)

Vous êtes né... mon épouse a des grands yeux, là!

Vous êtes né à Roberval. Vous avez fait des études en communication à l’UQAM. Vous êtes un grand créateur multidisciplinaire. Vous êtes réalisateur autant au cinéma qu’au petit écran, scénariste, metteur en scène au théâtre et à l’opéra, créateur d’installations et concepteur aussi de spectacles de cirque. Donc dans tous les domaines, vous êtes associé à des œuvres marquantes, souvent de portée universelle. Dans les années 90, vous avez réalisé et scénarisé Trente-deux films brefs sur Glen Gould, et ça vous a d’ailleurs valu quatre prix Génie. Ensuite, Le violon rouge, qui a fait le tour du monde, qui a récolté neuf prix Jutra, huit Génie et l’Oscar de la meilleure musique. Dans les années 2000, vous avez signé une mise en scène mémorable du Procès de Kafka, au TNM. Vous êtes le concepteur de spectacles permanents du Cirque du Soleil : ZED, à Tokyo; Zarkana, à New York. Vous avez aussi mis en scène des opéras présentés à New York, à Édimbourg, à Amsterdam, à Toronto et à Lyon.

Merci de faire... (rires) merci de faire honneur au génie culturel québécois partout dans le monde.

François Girard, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur Yves Gingras

(Applaudissements)

Monsieur Gingras, vous êtes professeur au Département d’histoire de l’UQAM. Vous avez une maîtrise en physique de l’Université Laval et un doctorat en histoire et sociopolitique des sciences de l’Université de Montréal. En 1997, vous avez cofondé l’Observatoire des sciences et des technologies, que vous dirigez depuis. Cet organe est devenu une référence qui réfléchit sur le bon usage des sciences et l’évaluation de la recherche. Vous avez acquis, dans ce domaine, une renommée internationale, grâce à une vingtaine d’ouvrages, dont plusieurs ont été publiés en France et aux États-Unis. Et vous avez aussi donné 250 conférences au Canada et à l’étranger. Vous êtes le coauteur de l’Histoire des sciences au Québec, de la Nouvelle-France à nos jours et d’un essai qui est marquant, L’impossible dialogue : sciences et religions, paru en 2016.

Merci de représenter ce pont unique entre la science et la société.

Yves Gingras, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant madame Micheline Dumont

(Applaudissements)

Madame Dumont, vous êtes une historienne, mais avec un autre regard. Vous avez été professeure, pendant 29 ans, à l’Université de Sherbrooke. Votre enseignement et votre recherche ont porté sur l’histoire des femmes et leur apport à la construction du Québec. En 1968, la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada vous a commandé une étude sur la condition des Québécoises d’un point de vue historique. Et ce travail vous a révélée comme spécialiste de cette question. Vous avez ensuite été témoin experte dans une cause célèbre opposant le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec au Conseil du trésor. Vos témoignages ont nourri la lutte contre la discrimination salariale et contribué – on va en reparler tantôt, Louise – à l’avènement de la Loi sur l’équité salariale de 1996, qui demeure un symbole de justice et d’égalité. Vous avez écrit plusieurs livres, notamment dirigé l’ouvrage collectif incontournable Histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, qui est paru en 1982, qui a été réédité en 1992.

Donc merci d’avoir si fortement contribué à faire justice aux femmes du Québec.

Micheline Dumont, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant madame Louise Cordeau

(Applaudissements)

Madame Cordeau, depuis 2017, vous êtes présidente du Conseil du statut de la femme. Vous avez fait vos études en droit et en relations industrielles. Vous avez pratiqué le droit et vous avez aussi... vous vous êtes orientée vers la gestion dans votre patelin, à Saint-Hyacinthe. Et vous avez été ensuite directrice de cabinet – d’un autre parti, mais ce n’est pas grave – du président de l’Assemblée nationale du Québec. Vous avez aussi été directrice de cabinet pour le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques. Vous avez occupé ensuite des fonctions importantes, dans les médias, pendant plus de 10 ans, comme directrice de Radio-Canada à Québec, puis ensuite comme éditrice et chef de la direction du Journal de Québec. Vous avez cofondé une école primaire privée, à Saint-Hyacinthe, en plus d’avoir été l’instigatrice de Québec ville en rose, une activité qui est maintenant annuelle, au bénéfice de la lutte contre le cancer du sein. Vous agissez, depuis plusieurs années, à titre de mentore auprès de jeunes femmes professionnelles.

Merci d’avoir exercé un tel leadership tout au long de votre carrière. Merci de passer le témoin, de vos mains sures, aux plus jeunes générations.

Louise Cordeau, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Bon! Maintenant madame Nathalie Choquette

(Applaudissements)

Vous me faites tellement rire que je vais essayer de garder... mon sérieux. En plus, je ne veux pas vous brûler de scoop, mais on va l’entendre, un petit peu plus tard, avec Florence K.

Il ne fallait pas le dire? OK, on garde ça.

Là, on me dit que vous êtes née au Japon!

Mme Choquette : – J’ai été made in Japan!

M. Legault : Made in Japan! (Rires)

Vous parlez six langues, mais surtout, vous chantez merveilleusement. Vous êtes une artiste lyrique, une voix soprano. Vous avez été formée, dès l’adolescence, par des maîtres du chant classique. Vous avez étudié en musique et en interprétation à l’Université de Montréal. Vous êtes reconnue pour la précision de votre voix, mais aussi pour votre humour sur scène. En 93, vous avez créé ce personnage – je me rappelle... on se rappelle vous avoir vue, entre autres, à l’Université de Montréal – ce personnage de diva comique, La Fettucini, qui a séduit le public. En 99, aux Francofolies, vous avez attiré plus de 100 000 personnes... 100 000 personnes! Vous avez chanté pour les petits et les grands dans les cirques et dans les grands festivals de musique classique et populaire. Vous avez rendu l’opéra accessible à tous dans une trentaine de pays. En 2001, le public du prestigieux Konzerthaus de Vienne... je ne le prononce pas comme il faut, hein?

Mme Choquette : – C’est correct! C’est parfait!

M. Legault : – Ce n’est pas grave? OK!

Vous avez été acclamée pendant 20 minutes! Vous avez enregistré une vingtaine d’albums et participé à quantité d’activités spéciales. Vous êtes aussi auteure jeunesse; vous avez publié une dizaine de livres pour les petits. Vous partagez la scène avec vos filles, entre autres avec Florence K. 

Merci! Merci de cette douce folie qui a aidé les Québécois à découvrir l’opéra.

Donc Nathalie Choquette, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur Robert Boily

(Applaudissements)

On me dit que ce n’est plus contagieux, alors vous êtes correct.

Monsieur Boily, vous êtes un expert de la recherche multidisciplinaire, un des plus importants conseillers scientifiques au Canada. Au cours des 40 dernières années, vous avez dirigé plus de 1 000 projets de recherche. Vous avez été mandaté pour mener des études d’importance dans les domaines de l’énergie, de l’aérospatiale, de l’environnement et de l’électronique photonique. Les plus grandes organisations de notre société ont fait appel à vous, dont le Conseil national de recherche du Canada, le ministère de la Défense nationale, l’Agence spatiale canadienne, l’Institut national de recherche scientifique, Hydro-Québec et j’en passe. Vos travaux ont contribué au développement de nombreuses initiatives de coopération internationale et ont permis l’élaboration de politiques et de programmes scientifiques au Québec et au Canada. Au fil des ans, vous avez concrétisé des projets qui ont transformé l’économie, généré des centaines de millions de dollars d’investissements, créé des milliers d’emplois dans des secteurs de pointe... avec des emplois payants! Vous savez que j’aime ça! Je veux juste faire fâcher Lisa un petit peu!

Vous êtes fellow de plusieurs sociétés scientifiques prestigieuses, dont l’Académie des sciences de la Société royale du Canada.

Donc merci d’orienter le Québec sur la voie de l’innovation et de la prospérité. Il faut se réconcilier avec le mot richesse, ici!

Robert Boily, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Madame Marie-Dominique Beaulieu

(Applaudissements)

Madame Beaulieu, vous êtes médecin – ce n’est pas un défaut! – et vous êtes... vous avez été formée à l’Université Laval et à l’Université McGill. Vous détenez une maîtrise en épidémiologie. Vous êtes professeure émérite au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université de Montréal depuis plus de 30 ans. Vous avez mis en place l’Unité de soutien, SRAP, qui signifie « stratégie de recherche axée sur le patient », et vous avez été la directrice scientifique. Vous êtes l’une des médecins et chercheuses les plus engagées dans la promotion et le développement de la médecine familiale. Très important!

Votre action a été déterminante sur l’évolution des soins de première ligne au Québec. C’est là qu’est notre plus grand défi.

Vous avez transformé les pratiques, enrichi les connaissances, bonifié les programmes de formation, élaboré des guides de soins et influencé plusieurs politiques. Votre travail a guidé l’implantation des groupes de médecine familiale. J’ai eu l’honneur d’inaugurer le premier!

Et vous avez permis aussi le déploiement des infirmières praticiennes spécialisées en première ligne.

Merci de votre engagement indéfectible en faveur des patients et de la médecine familiale. Merci d’avoir défriché le terrain pour qu’enfin, on puisse soigner plus vite et mieux les Québécois.

Donc Madame Marie-Dominique Beaulieu, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant madame Sharon Azrieli

(Applaudissements)

Vous êtes née à Montréal, mais vous avez partagé votre vie entre le Québec, New York et Israël. Vous avez deux passions : le chant classique et le design d’intérieur. Vous êtes la propriétaire de nombreux projets immobiliers. Vous êtes éditrice de la revue À la maison au Canada. Vous avez étudié dans de nombreuses... de prestigieuses – pardon – écoles new-yorkaises en histoire de l’art, en aménagement intérieur et en performance scénique. De plus, vous êtes titulaire d’un doctorat de musique en art vocal de l’Université de Montréal. Vous avez amorcé votre carrière de chanteuse d’opéra, en 1994, en interprétant Juliette, dans Roméo et Juliette, pour la Canadian Opera Company. Vous avez interrompu votre carrière pour vous occuper de vos enfants. Vous avez ensuite renoué avec la scène, dans les années 2000, et ça a été votre envol. Votre voix unique vous a valu une reconnaissance internationale. Vous vous êtes produite à travers le monde, entre autres au Carnegie Hall et au « Met », à New York. Vous avez chanté avec l’Orchestre symphonique de Montréal et avec d’autres orchestres célèbres, notamment en Israël. Vous avez interprété des rôles classiques et de nombreuses œuvres juives, faisant écho à ces racines que vous chérissez. Vous avez chanté en direct, il y a quelques semaines, sur les ondes nationales à la radio, et, plus récemment, au Centre national des arts, à Ottawa. Vous êtes aussi à la tête de nombreuses fondations et la directrice de celle créée par votre père, David Azrieli, et vous êtes une généreuse mécène dans le domaine de la musique et du chant classique au Québec.

Merci d’être cette grande voix du Québec et de la communauté juive. Merci d’incarner l’amitié indéfectible des nations québécoise et israélienne.

Sharon Azrieli, au nom de la nation québécoise, je vous fais chevalière de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Toutes les vidéos

Mise en ligne : 30 mai 2011

Recherche dans le site

Raccourcis