Ordre national du Québec - Honneur au peuple du Québec

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20 juin 2019Cérémonie annuelle de remise des insignes – Officiers et officières

Transcription

Bon! On passe maintenant aux officiers et officières.

On commence par monsieur Louis Vachon

(Applaudissements)

Vous êtes président et chef de la direction de la Banque Nationale.

M. Vachon : – Oui!

M. Legault : – Vous avez... (rires) On travaille souvent ensemble. On aime ça!

Vous avez un baccalauréat en économie du Bates College et une maîtrise en finance internationale de l’Université Tufts, à Boston. Vous êtes entré dans le groupe de la Banque Nationale, en 1996. Vous êtes devenu le président en 2007. En 2008, lors de la crise financière, vous avez... été en fonction, je pense, pendant soixante-trois... treize jours de suite. Et vous avez alors démontré des qualités de leadership et des nerfs d’acier. Vous avez pris, sans hésiter, la décision de racheter deux milliards de papiers commerciaux – qui ne se souvient pas de cette époque-là? – pour préserver la confiance envers la population. Et dans les quatre années qui ont suivi votre nomination, le bénéfice net de la banque a doublé, le dividende a augmenté de 34 %, puis l’action s’est appréciée de 50 % – j’espère que vous aviez un peu d’options? OK, c’est correct.

M. Vachon : – Un petit peu!

M. Legault : – OK!

(Rires)

Votre leadership est aussi associé à la place des femmes dans les postes de décision et à la diversité comme levier du développement économique et social. Je sais que vous avez beaucoup à cœur l’entrepreneuriat. Vous avez piloté la création de l’Institut d’entrepreneuriat, à HEC Montréal. Vous avez propulsé des entrepreneurs à l’Université de Sherbrooke et à l’École d’entrepreneurship de Beauce.

Merci d’incarner le banquier au service de l’économie et des entreprises québécoises. Vous n’êtes pas un vrai banquier; vous êtes un développeur!

M. Vachon : – Mmm... Je suis banquier un peu, aussi, hein, je pense!

M. Legault : – Oui? OK!

M. Vachon : – Je suis les deux!

M. Legault : – J’avais peur que ce soit vu négativement d’être banquier.

M. Vachon : – Non, moi, je ne le vois pas négativement du tout!

M. Legault : – OK, c’est bon! Merci de... merci aussi de nous avoir partagé votre collègue, Éric Girard!

M. Vachon : – Oui!

M. Legault : – Notre nouveau ministre des Finances!

M. Vachon : – Ce n’est pas un prêt, hein; c’est un partage! (Rires)

M. Legault : – Ah oui? Je pensais que c’était un don, moi! (Rires)

M. Vachon : – Vous me le direz plus tard.

M. Legault : – On est très satisfaits, jusqu’à présent, de notre ministre des Finances.

Donc Louis Vachon, au nom de la nation québécoise, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec. Bravo!

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur Charles Morin

(Applaudissements)

Vous êtes né en Beauce – nos chers Beaucerons! –, plus précisément à Saint-Prosper. Vous êtes l’un de nos plus célèbres scientifiques. Vous avez, entre autres, un baccalauréat en psychologie de l’Université Laval, une maîtrise en sciences et un doctorat en psychologie clinique de l’Université Nova Southwestern, en Floride. Vous êtes professeur et chercheur à l’Université Laval et directeur, depuis 25 ans, du Centre d’étude des troubles du sommeil, à l’Institut universitaire en santé mentale. Vous êtes un spécialiste des troubles du sommeil. Grâce à vos recherches, vous avez mis au point des approches comportementales et non médicamentées qui ont transformé l’intervention thérapeutique contre l’insomnie. Vous avez signé pas moins de 300 articles scientifiques, prononcé plus de 600 conférences, dans les plus grandes universités du monde, et dirigé... rédigé des ouvrages qui ont été traduits à... dans plusieurs langues. D’ailleurs, je me pose une question : où trouvez-vous le temps de dormir? (Rires) Donc, en 2017, vous étiez l’expert sur l’insomnie le plus cité au monde dans des publications scientifiques : 28 500 fois, selon le site Internet Expertscape.

Donc merci d’être cette sommité scientifique qui fait honneur au Québec, puis merci de nous avoir fait connaître un mieux-être, à beaucoup de Québécois.

Charles Morin, au nom de la nation québécoise, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur Claude Montmarquette

(Applaudissements)

Monsieur Montmarquette, vous êtes l’un des piliers de la science économique. D’ailleurs, comme ministre, j’ai souvent utilisé vos services!

Vous êtes associé, depuis vingt ans, au CIRANO, le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations. Vous détenez un baccalauréat et une maîtrise en économie de l’Université de Montréal, puis un doctorat en économie de l’Université de Chicago. Vous êtes un pionnier de l’économie expérimentale et un grand spécialiste de l’économétrie, qui est à l’inter... qui est l’interaction des différents phénomènes économiques. Votre renommée est mondiale. Vos travaux sur la valeur économique de l’éducation, sur la composition du marché du travail, sur l’effet structurant des services publics et sur la fiscalité ont été déterminants dans l’évolution du rôle économique et social de l’État au Québec. Vous avez présidé nombre de comités et groupes de travail sur les finances publiques et sur les programmes sociaux. Vous avez notamment contribué à la mise sur pied du régime public et universel d’assurance médicaments. Votre créb... crédibilité est telle, que vous figurez dans le 5 % des économistes les plus cités au monde.

Merci d’avoir été ce penseur du Québec moderne. Merci de continuer à guider le Québec vers plus de prospérité.

Claude Montmarquette, au nom de la nation québécoise, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Monsieur Morton Minc

(Applaudissements)

Vous êtes né en Pologne. Vous avez fait vos études à l’Université Concordia et à l’Université de Montréal. Vous avez obtenu un baccalauréat en droit. Vous avez été avocat en pratique privée, avant de devenir juge, puis juge-prési... juge-président à la Cour municipale de Montréal. Vous y avez siégé pendant 22 ans, jusqu’à votre retraite, en 2015. Votre contribution est vraiment unique. Voyant défiler, devant vous, des gens qui avaient davantage besoin d’aide que d’une correction, vous avez entrepris d’humaniser la justice. Lors de vos décisions, vous avez rassemblé les procureurs et les parties prenantes, incluant parfois les victimes, pour transformer les notions de punition et de réhabilitation. Vous avez ainsi été à l’origine de programmes sociaux novateurs pour contrer la violence envers les aînés, pour favoriser la réinsertion sociale des personnes itinérantes et pour encourager et inciter la non-judiciarisation des personnes avec des troubles mentaux. Votre vision d’une justice à la fois exigeante et compatissante a été si performante qu’elle a été un modèle pour d’autres cours municipales à travers le Québec.

Merci d’avoir marqué l’administration de la justice par votre grande humanité.

(Applaudissements prématurés)

Morton... (rires) Morton Minc, au nom de la nation québécoise, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Monsieur Paul Inchauspé

(Applaudissements)

Merci pour ce que vous avez fait en éducation.

Monsieur Inchauspé, vous êtes né dans le Pays basque français. Vous avez étudié en philosophie et en sociologie à l’Université de Bordeaux, avant d’enseigner dans des lycées. Et en 1966, vous êtes arrivé au Québec. Vous avez d’abord été professeur de philosophie au collège classique du Mont-Saint-Louis, puis au cégep du Vieux-Montréal. Vous y avez été directeur des services pédagogiques. En 1983, vous avez été nommé directeur général du collège Ahuntsic; vous avez été là pendant 14 ans. Et vous avez, entre autres, à cet époque, créé l’Institut des communications graphiques. Votre influence sur le réseau collégial a été marquante. Vous avez mis au point des approches d’enseignement intégré, qui ont déclenché ce qu’on a appelé « le renouveau des cégeps ». Vous avez mis sur pied l’acteur incontournable qu’est devenu le Rassemblement des collèges du Montréal métropolitain. Votre renommée vous a amené au Conseil supérieur de l’éducation. Vous avez présidé, pendant quatre ans, la Commission de l’enseignement supérieur, qui est l’organe phare de réflexion, au Québec, sur l’enseignement postsecondaire. Vous avez aussi joué un rôle important dans les réformes concernant le cœur de notre système d’éducation primaire et secondaire. Vous avez été commissaire des états généraux sur l’éducation.

Merci de votre dévouement envers le système d’éducation québécois. Merci au nom des jeunes. Merci beaucoup!

Vous avez été admis aussi à l’Ordre national en 2015. Puis, aujourd’hui, votre insigne vous est remis.

Paul Inchauspé, au nom de la nation québécoise, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Madame Trang Hoang

(Applaudissements)

Vous êtes née au Vietnam et vous vivez au Québec depuis 1986. Vous avez fait vos études de doctorat en pharmacie et biochimie à l’Université de Lausanne. À votre arrivée au Québec, vous avez d’abord été chercheuse et directrice du laboratoire Hématopoïèse et leucémie, à l’Institut de recherches cliniques de Montréal. Vous avez été professeure au Département de pharmacologie à l’Université de Montréal. Et en 2003, vous avez fondé, avec cinq autres personnes, l’Institut de recherche en immunologie et cancérologie, connu sous le nom de l’IRIC. Cet institut est révolutionnaire dans son fonctionnement axé sur une biologie intégrée, qui associe des généc... des généticiens, des biologistes, des chimistes, des informaticiens et des pharmacologues. Vous avez, avec cet institut, acquis une renommée internationale, grâce à la mise au point de nouveaux médicaments contre le cancer, en étant précurseur dans le domaine du médicament personnalisé, adapté à la génétique de chaque personne. Vous avez découvert les cellules à l’origine de ces leucémies aigües qui sont la première cause de décès par maladie chez les enfants canadiens. Vous avez aussi élaboré un moyen de les éliminer. Wow!

Merci d’avoir contribué à révolutionner la recherche sur le cancer. Merci d’avoir contribué à sauver des enfants.

Trang Hoang, au nom de la nation québécoise, je vous fais officière de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Je vais prendre une gorgée d’eau avant la prochaine!

Madame Louise Harel

(Applaudissements)

Chère Louise! J’ai eu le bonheur de travailler avec cette mère Térésa de la politique québécoise.

Mme Harel : – Pendant 10 ans!

M. Legault : – Vous êtes sociologue et avocate de formation. Militante de la première heure, au Parti québécois, vous avez placé votre engagement politique sous le signe de la défense des causes sociales. Je peux dire que c’est vrai; je vous ai vue!

Et on connaît votre douceur. Et je connais votre fermeté! (Rires) Vous êtes une main de fer, trempée dans un gant du plus doux velours. Vous avez été élue, pour la première fois, dans Maisonneuve, en 1981. Dans ce deuxième mandat de René Lévesque, vous avez été ministre des Communautés culturelles et de l’Immigration. En 1994, comme ministre d’État à la Concertation et ministre de l’Emploi, vous avez procédé au déploiement d’une centaine de carrefours jeunesse-emploi. Les CJE! Il y a plein de députés, ici; on les aime, les CJE!

En 1996, comme ministre de l’Emploi et de la Solidarité et ministre de la Sécurité du revenu, vous avez conclu une entente historique avec le gouvernement fédéral, en rapatriant les pouvoirs en matière de main-d’œuvre. Bravo! On est en train d’essayer de compléter ça!

Mme Harel : – Je sais... 800 millions!

M. Legault : – Oui! Exact! Scoop-moi pas, par exemple! (Rires) Ça ne s’arrête pas là!

Comme ministre responsable de la Condition féminine, vous avez rendu possible la perception automatique des pensions alimentaires et – on en parlait tantôt – vous avez fait adopter, à l’unanimité, la Loi sur l’équité salariale. Puis, vous avez procédé à une vaste réorganisation municipale. Ça aussi, on s’en souvient!

Mme Harel : – Oui!

M. Legault : – Une réforme qui demandait beaucoup de courage et votre fermeté! Oui! Quand on me parle de ça : « Monsieur Legault, allez-vous faire d’autres fusions municipales? » Je dis « j’ai déjà donné avec Louise Harel »! (Rires)

En 2002, vous êtes devenue la première femme à présider l’Assemblée nationale et l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. De 2009 à 2013, vous avez poursuivi votre parcours politique sur la scène municipale à Montréal.

Merci d’avoir été cette femme politique remarquable. Merci pour votre courage. Bravo pour votre grande habileté. Merci d’avoir tant donné au Québec, qu’on aime tous les deux.

Louise Harel, au nom de la nation québécoise, je vous fais officière de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Maintenant monsieur Fernand Grenier

(Applaudissements)

Détenteur d’une maîtrise en histoire de l’Université Laval, vous avez aussi un diplôme d’études supérieures en géographie de la Sorbonne. Professeur titulaire de géographie humaine, pendant 20 ans, à l’Université Laval, vous avez été doyen de la Faculté des lettres, avant de migrer à l’Université du Québec, pour y devenir le premier directeur général de la Télé-Université, puis directeur des Presses et de Québec Science. En plus de nombreux articles, vous avez publié une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels plusieurs manuels et atlas qui ont permis à des milliers d’écoliers du primaire et du secondaire de s’instruire dans le vaste domaine de la géographie québécoise et mondiale. Vous avez été aussi associé à l’élaboration des Noms et lieux du Québec, un ouvrage publié en 1994 et qui demeure une référence essentielle pour la connaissance de notre territoire. Il faut aussi souligner votre contribution à la réforme de la carte électorale du Québec, à la mise en valeur du patrimoine national, des archives et de la toponymie, aussi bien dans le cadre d’organismes officiels créés par le gouvernement du Québec que dans vos écrits et vos conférences.

Donc merci d’avoir permis à des générations de Québécois de mieux connaître et de mieux apprécier le monde qui les entoure.

Fernand Grenier, au nom de la nation québécoise, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

Et le dernier, mais non le moindre : monsieur Daniel Borsuk

(Applaudissements)

Écoutez bien, c’est impressionnant!

Vous êtes chirurgien au CHU Sainte-Justine et à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Vous avez obtenu votre diplôme de médecine de l’Université McGill, puis votre spécialisé... votre spécialisation est en chirurgie plastique reconstructive. Vous avez fait une surspécialisation en chirurgie cranio-maxillo-faciale à Johns Hopkins, à Baltimore. En 2012, vous étiez le seul Québécois dans l’équipe américaine de 150 personnes, qui a procédé à la plus importante greffe du visage qui a jamais été tentée dans le monde. Le patient était un homme de 37 ans défiguré à cause d’une blessure par balle. L’opération a duré 36 heures. Puis, en 2015, à Montréal, vous avez mené une équipe qui a réalisé une première canadienne dans le domaine de la reconstruction faciale. Dans une opération de huit heures, vous avez refaçonné un visage en prélevant un fragment de l’os du bassin, que vous avez transplanté en travaillant par la bouche du patient pour ne laisser aucune cicatrice. En 2018, à l’âge de 40 ans, à la tête d’une équipe de 9 chirurgiennes et chirurgiens de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et d’une centaine de professionnels, vous avez effectué la première greffe faciale au Canada, sur un Québécois de 64 ans. Il a fallu 30 heures de travail... 30!

Merci d’être un chirurgien exceptionnel. Merci de reconstruire ces visages.

Daniel Borsuk, au nom de la nation québécoise, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

(Applaudissements et musique)

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Mise en ligne : 30 mai 2011

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