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Marie-Claire Blais

Officière (1995)

Marie-Claire Blais est à l'avant-scène du paysage littéraire du Québec.

Elle publie à l'âge de 20 ans son premier roman : La Belle Bête, où elle analyse avec une âpre lucidité les ressorts psychologiques d'une haine que voue à une jeune fille belle et simple d'esprit sa soeur qui, au dénouement, la défigure. Cette violence, cette sauvagerie resteront présentes dans à peu près tous ses livres et son théâtre, jamais gratuites ni complaisantes ni exhibitionnistes. Un lyrisme très personnel permet à l'auteure de traverser le miroir des apparences et de révéler les monstruosités cachées.

Aussitôt remarquée, elle reçoit de la Fondation Guggenheim une bourse, à la suggestion du célèbre critique américain Edmund Wilson. C'est aux États-Unis qu'elle écrit Une saison dans la vie d'Emmanuel (Grasset, 1965) qui lui vaut de remporter, toute jeune encore, le prix Médicis. A partir de là, l'oeuvre va se déployer à une vitesse surprenante sans que, jamais, l'écrivaine n'apparaisse polygraphe. Une vingtaine de romans publiés à ce jour en France (Grasset, Gallimard, Laffont, Belfond) et au Québec, et tous traduits en anglais. Cinq pièces de théâtre. Des recueils de poésie. Des séjours prolongés aux Etats-Unis, en France et en Chine notamment. Le prix Belgo-Canadien, en 1976, le prix France-Québec, également élue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique en 1993 et un grand nombre de bourses ont aidé Marie-Claire Blais à s'adonner à une oeuvre aussi authentique qu'altière et exigeante. Citons, pêle-mêle, Tête blanche (1980), L'Insoumise (1966), David Sterne (1967), Manuscrits de Pauline Archange (1968), Vivre! Vivre! (1969), Le Sourd dans la ville (1980), Visions d’Anna (1982), Pierre (1986), L’Ange de la solitude (1989), Un jardin dans la tempête (1990). Son prochain roman intitulé Soifs paraîtra à l'automne 1995.

Des enfances solitaires, des innocentes bafouées, des foucades et des révoltes, une inusable tendresse, sont évoquées par une romancière qui n'imagine pas de réalisme sans transfiguration ni poésie. Québécoise dans l'âme, Marie-Claire Blais demeure une nomade et une militante convaincue de la francophonie. Une digne héritière de ces poètes de sept ans dont Rimbaud rêve l'inaltérable enfance.

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