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Ordre national du Québec - Honneur au peuple du Québec

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22 juin 2017Cérémonie annuelle de remise des insignes – Officiers et officières

Transcription

Nous passons maintenant aux officières et aux officiers.

Monsieur Luc Vinet

Baccalauréat en physique et maîtrise en physique théorique de l’Université de Montréal, 3e cycle en physique théorique à l’Université Pierre et Marie Curie de Paris, doctorat en physique théorique de l’Université de Montréal et études postdoc au MIT : votre parcours force l’admiration et, même, donne le vertige!

Au début des années 80, vous êtes professeur et chercheur au Département de physique de l’Université de Montréal. Vous êtes associé à plusieurs avancées ou découvertes en physique mathématique. Vous êtes spécialiste dans des domaines telles les supersymétries ou l’algèbre quantique. En 1993, vous prenez la direction du Centre de recherches mathématiques de l’Université de Montréal. Vous parvenez à fédérer sept grands centres de recherche de Montréal pour créer le rcm2, qui sera à l’origine de plusieurs initiatives marquantes. En 1999, vous passez à l’Université McGill. Vous y serez notamment professeur de physique et de mathématique et vice-principal, puis retour à l’Université de Montréal comme recteur en 2005. Vous faites du rayonnement des sciences votre priorité. Le nouveau complexe des sciences, actuellement en construction sur le site de l’ancienne gare de triage d’Outremont, a germé sous votre direction. Votre apport à la réputation d’excellence scientifique de Montréal et du Québec est immense.

Luc Vinet, au nom du peuple québécois, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Florian Sauvageau

Vous êtes avocat de formation, ex-journaliste et professeur de journalisme et de communication à l’Université Laval. Vous avez été directeur de l’information et de la rédaction au journal Le Soleil. Vous avez participé à un nombre incalculable d’émissions à la radio et à la télé de Radio-Canada. Vous avez collaboré à plusieurs documentaires de l’ONF. Parallèlement, vous vous êtes investi dans l’évolution et l’enseignement de la profession. Dès 1968, vous participez à la mise sur pied du premier programme d’enseignement du journalisme au Québec, à l’Université Laval. Plus tard, vous y implanterez un diplôme d’études supérieures en journalisme international. Vous avez aussi fondé le Centre d’études sur les médias et fait partie de nombreux projets de recherche, notamment liés au Réseau international des chaires UNESCO en communication. Vous êtes l’un des grands spécialistes de l’évolution des communications, du journalisme et de la place du français sous l’influence d’Internet, des nouveaux médias et de la mondialisation. En 85-86, vous avez coprésidé le Groupe de travail sur la politique de la radiodiffusion. Il en a découlé une nouvelle loi déterminante pour l’usage du français comme langue de diffusion au Canada. En 2009, vous avez fait un documentaire sur le journalisme en transformation, avec Jacques Godbout : Derrière la Toile : le quatrième pouvoir. Vous êtes une éminence du journalisme québécois et canadien.

Florian Sauvageau, au nom du peuple québécois, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Claude Robinson

M. Couillard à M. Robinson : Je pense qu’ils sont contents! Vous êtes largement autodidacte, bien que vous ayez fréquenté l’École des arts graphiques de Montréal. Vous avez appris votre métier de dessinateur dans une imprimerie de Montréal, à l’aube de l’adolescence, puis en Europe, où votre talent vous ouvre les portes d’agences de publicité de haute renommée.

À votre retour au Québec, vous êtes professeur d’arts plastiques, dans une école secondaire, et vous fondez votre boîte de communication graphique. Sous-traitant des plus grandes agences de publicité, vous créez des concepts mémorables vendus à Air Canada, Chrysler, Labatt, Club Med ou Bombardier. En dilettante, vous développez, au début des années 80, une série animée pour enfants : Les aventures de Robinson Curiosité sur son île Curieuse, dont le personnage titre vous ressemble. Le dépôt légal est fait en 1985. L’accueil est si positif que vous faites même une série de spectacles. Mais en 1995, vous découvrez, effaré, que votre œuvre a été plagiée et pastichée dans une télésérie appelée Robinson Sucroë et diffusée dans 160 pays. Vous mènerez toute une bataille contre ceux qui vous ont volé, notamment Cinar et ses deux dirigeants et France animation. Pendant quinze ans – quinze ans! –, vous tenez bon, et tous les tribunaux vous donnent raison : Cour supérieure, Cour d’appel, Cour suprême. Les Québécois et les Québécoises ont été émus par votre ténacité et votre dignité. Vous êtes un modèle de droiture et de persévérance.

Claude Robinson, au nom du peuple québécois, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur John Porter

Vous êtes natif de Lévis, titulaire d’une maîtrise en histoire de l’Université Laval et d’un doctorat de l’Université de Montréal.

Vous avez été conservateur adjoint à la Galerie nationale du Canada et conservateur en chef du Musée des beaux-arts de Montréal avant de vous joindre, en 1993, au Musée national des beaux-arts du Québec comme directeur général. Sous votre direction passionnée, ce musée va connaître un développement extraordinaire. Vous avez gonflé les collections permanentes, notamment par l’acquisition, en 2005, de 2 635 pièces d’art inuit, amassées par le collectionneur-artiste Raymond Brousseau. Vous avez enchaîné des expositions inoubliables des plus grands – les expositions, pardon – inoubliables des plus grands artistes québécois : Clarence Gagnon, Suzor-Côté, Jean-Paul Riopelle, Fernand Leduc. Par vos relations internationales, vous avez attiré, à Québec, des expositions fascinantes : Picasso et la céramique, Camille Claudel et Rodin : la rencontre de deux destins et Le Louvre à Québec. En 2008, vous quittez la direction générale du Musée pour mieux vous consacrer à son expansion comme président de la Fondation du Musée national des beaux-arts. Vous devenez le promoteur opiniâtre de cette vision d’avenir qui conduit à la construction de l’extraordinaire pavillon Pierre Lassonde, qui ébahit des milliers de visiteurs chaque jour. Vous avez bâti l’un des plus beaux musées du monde ici, à Québec.

Admis à l’Ordre national du Québec en 2002, vous êtes aujourd’hui promu.

John Porter, au nom du peuple québécois, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

M. Couillard, voyant M. Porter replacer un morceau de la moquette : Il faut garder les choses en ordre! (Rires)

Madame Louise Penny

Vous êtes née à Toronto, où vous avez fait vos études à l’Université Ryerson, en arts appliqués, orientation radio et télévision.

Pendant une vingtaine d’années, vous serez journaliste-animatrice à la radio de la CBC à Toronto, Thunder Bay, Winnipeg, puis Québec, où vous apprenez le français, et Montréal. En 1996, vous annoncez, en ondes, votre départ et votre décision de vous consacrer à l’écriture. Vous amorcez un roman historique, avant de dévier vers le polar. Vous écrivez, en anglais, des romans policiers ayant pour héros Armand Gamache, inspecteur-chef responsable des homicides à la Sûreté du Québec, dont les enquêtes se déroulent essentiellement dans la région des Cantons-de-l’Est, où vous vivez. Votre tout premier roman a donné lieu à un téléfilm diffusé à la CBC et en France, sous le titre Nature morte. Après douze romans et une nouvelle, vos livres maintes fois primés sont aujourd’hui traduits en plusieurs langues et distribués dans une vingtaine de pays. Ils sont disponibles en français, chez Flammarion Québec, dans la série Armand Gamache enquête. Votre renommée est telle, qu’on ne s’étonne plus, aujourd’hui, à Knowlton, à Sutton ou à « Three Pines », de voir des touristes étrangers attirés dans ces villages estriens par vos livres. Ils cherchent l’inspecteur Gamache, probablement, hein? (Rires)

Des cartes à leur intention sont d’ailleurs disponibles à Knowlton, tandis qu’à Québec, un circuit touristique ressasse les allées et venues de l’inspecteur Gamache dans la capitale. Votre contribution au rayonnement du Québec et de ses régions est pour le moins exceptionnelle.

Louise Penny, au nom du peuple québécois, je vous fais officière de l’Ordre national du Québec.

Yannick Nézet-Séguin

Vous êtes un phénomène! Né à Montréal, en 1975, vous êtes titulaire d’un diplôme d’études supérieures avec spécialisation en piano du Conservatoire de musique du Québec à Montréal. Vous avez aussi suivi une formation en direction d’orchestre auprès du grand maestro italien Carlo Maria Giulini.

Vous êtes l’un des chefs d’orchestre les plus courtisés – on me dit, mais aussi, admiré – de la planète. En 1995, encore aux études, vous mettez sur pied deux projets d’envergure, avec le Chœur de Laval et le Chœur polyphonique de Montréal. La même année, avec deux collègues, vous fondez votre propre ensemble vocal et instrumental, La chapelle de Montréal, dont vous serez le directeur artistique jusqu’en 2003. En 2000, vous atteignez les ligues majeures. Vous êtes alors nommé directeur artistique et chef principal de l’Orchestre métropolitain de Montréal. Vous transformez cet orchestre. Vous rehaussez ses standards d’excellence et le conduisez à une reconnaissance critique et publique sans précédent. De 2010 à 2015, vous êtes chef invité à travers le monde : vous montez sur le podium à New York, Londres, Amsterdam, Berlin, Sydney, Shanghai et plusieurs autres. En 2012, on vous confie la direction artistique de l’Orchestre de Philadelphie et de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam. Votre nom rejoint celui des légendes, en 2016, lorsque vous êtes nommé directeur musical du Metropolitan Opera de New York. Vous serez aussi le chef de cet orchestre célébrissime, à compter de la saison 2020-2021, succédant alors à l’une de vos idoles, James Levine. Chef d’orchestre passionné et fougueux, artiste accompli, vous faites aussi, par votre simplicité, une œuvre de démocratisation de la musique classique. Les Québécois ont pu vous voir à l’œuvre, tout récemment, lorsque vous avez participé, avec l’Orchestre métropolitain, au spectacle de l’illumination du pont Jacques-Cartier. Vous êtes une fierté pour le Québec. Vous avez été admis à l’Ordre national du Québec en 2015, mais vous êtes si souvent parti que ce n’est qu’aujourd’hui que votre décoration vous est remise. Restez au moins quelques heures, là!

Yannick Nézet-Séguin, au nom du peuple québécois, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Jacques Montplaisir

Détenteur, entre autres, d’un doctorat en sciences neurologiques et physiologie de l’Université de Montréal, vous avez effectué un stage de recherche postdoctoral en Californie. Vous êtes professeur-chercheur à l’Université de Montréal. Vous êtes à l’origine de multiples avancées dans le diagnostic et le traitement des troubles du sommeil. Vous y avez consacré votre vie. Dès 1977, vous implantez, à l’hôpital du Sacré-Cœur, le premier centre d’études du sommeil au Canada. Rebaptisé, en 2011, le Centre d’études avancées en médecine du sommeil, il compte, aujourd’hui, parmi les plus importants du genre au monde. Vous avez été titulaire de chaires de recherche, directeur de recherche dans plusieurs organismes, organisateur de grands évènements scientifiques internationaux. Vous êtes reconnu pour vos travaux sur le syndrome des jambes sans repos. Vous avez développé le seul outil diagnostic et le meilleur traitement contre ce trouble neurologique. Vous êtes un précurseur dans les domaines de l’épilepsie nocturne, de l’apnée du sommeil, du somnambulisme et des troubles du sommeil chez l’enfant. Vous avez signé quelque quatre cents articles scientifiques, écrit une soixantaine de chapitres dans différents ouvrages. Dans le moteur de recherche spécialisé ResearchGate, vous faites l’objet de plus de 23 500 mentions; et voilà un indice de votre renommée. Vous avez « éveillé » la communauté médicale internationale à la science du sommeil.

Jacques Montplaisir, au nom du peuple québécois, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

Madame Michèle Fortin

Vous avez un baccalauréat en sociologie de l’Université de Montréal et une maîtrise en administration de Berkeley, où vous avez aussi fait des études doctorales.

Votre parcours est une alternance entre les milieux de l’éducation et de la radiodiffusion. Vous entamez votre carrière au siège social de l’Université du Québec et, dix ans plus tard, vous êtes sous-ministre adjointe à l’Enseignement supérieur. En 1989, vous devenez directrice générale adjointe de Téléfilm Canada, dont vous pilotez avec brio la réorganisation, et ça vous ouvre les portes de la télé de Radio-Canada. Comme vice-présidente de la télévision française, vous marquerez l’histoire de la maison : vous engagez la télé de Radio-Canada dans l’ère des canaux spécialisés. En 1995, vous lancez RDI, et la révolution de l’information continue : plus tard, ce sera la chaîne culturelle ARTV. Vous implantez, à Montréal, un nouveau centre de l’information et vous amorcez le virage numérique. En 2003, vous êtes sous-ministre associée à la recherche, à la science et à la technologie au sein du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. Puis, en 2005, vous prenez la direction générale de Télé-Québec, que vous assumerez pendant dix ans. Vous recentrez le diffuseur sur sa mission éducative. Vous donnez un nouvel élan à la programmation, avec des émissions comme Un chef à la cabane, Le code Chastenay, Génial et vous développerez le volet Web avec, notamment, La fabrique culturelle, devenue la meilleure vitrine de la culture dans nos régions. Vous avez transformé la télévision publique.

Michèle Fortin, au nom du peuple québécois, je vous fais officière de l’Ordre national du Québec.

Madame Francine de Montigny

Vous êtes notamment titulaire d’un baccalauréat en sciences infirmières de l’Université du Québec en Outaouais, d’une maîtrise en sciences infirmières de l’Université de Montréal ainsi que d’un doctorat et d’un postdoctorat en psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Parallèlement à vos études, vous êtes infirmière dans différents établissements, dont l’Hôpital général juif de Montréal et le Centre hospitalier de Hull. Vous entamez ensuite une carrière dans l’enseignement et la recherche. Vous êtes notamment professeure associée au Département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, à l’École de psychologie de l’Université Laval et à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval. Comme chercheuse, vous vous intéressez à l’évolution psychosociale de la cellule familiale : santé mentale, rôle du père, intimité conjugale, coparentalité, relations parents-enfants et deuil périnatal. Vous créez, à l’Université du Québec en Outaouais, le Centre d’études et de recherche en intervention familiale, connu comme le CERIF, que vous dirigez depuis 2010. Vous êtes aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la santé psychosociale des familles. Vos travaux ont profondément influencé l’enseignement et l’intervention psychosociale auprès des familles québécoises et rayonnent sur la scène internationale. Vous êtes celle qui veille sur les familles québécoises.

Francine de Montigny, au nom du peuple québécois, je vous fais officière de l’Ordre national du Québec.

M. Couillard présente ce que Mme de Montigny vient de lui remettre discrètement : J’ai des cadeaux! (Rires)

Alors, pour ceux qui se demandent c’est quoi, là : un livre qui s’appelle Décès périnatal : le deuil des pères et également une vidéo sur le même sujet.

Monsieur Irwin Cotler

Vous êtes né à Montréal. Vous avez une licence en droit de McGill et une maîtrise en droit de Yale.

Vous avez été professeur de droit constitutionnel et comparé à McGill et directeur du programme des droits de la personne dans cette université. Mû par vos convictions personnelles, vous acquérez, très tôt, une grande renommée en prenant la défense de prisonniers d’opinion. Vous représentez notamment les dissidents soviétiques Andreï Sakharov et Natan Sharansky et le militant égyptien des droits de la personne Saad Eddin Ibrahim. Vous avez aussi été l’avocat de Nelson Mandela. C’est d’ailleurs pour vous remercier que Mandela est venu à Montréal, en 1990, dans l’un de ses premiers voyages en homme libre. En 1999, vous avez été élu député libéral fédéral de Mont-Royal. Et en 2003, vous prêtez serment comme ministre de la Justice et Procureur général du Canada. Vous serez un ministre de transformation : vous réformez le processus de nomination des juges à la Cour suprême; vous nommez deux femmes au plus haut tribunal du pays; vous nommez les premiers juges autochtones et issus de minorités visibles à la Cour d’appel de l’Ontario; vous adoptez de nouvelles lois contre la traite des personnes; vous lancez la première initiative nationale de justice contre la haine et le racisme au Canada et vous légalisez les unions homosexuelles. Vous avez milité toute votre vie pour les droits de la personne et vous avez été le promoteur d’un concept du droit de la paix, allant jusqu’à contester le principe de l’immunité des États. Vous êtes, aujourd’hui, président du Centre Raoul Wallenberg des droits de la personne. Vous êtes un grand Québécois, un grand Canadien, un des plus grands ambassadeurs des libertés et de la paix que le Canada a connus. Irwin Cotler, au nom du peuple québécois, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Gilles Brassard

Alors, vous êtes un peu hors-norme! Encore enfant, vous vous initiez aux mathématiques avec votre frère aîné, Robert, et vous entrez à l’Université de Montréal à 13 ans. Votre baccalauréat et votre maîtrise en informatique sont pour vous des formalités. Vous détenez aussi un doctorat en informatique théorique de Cornell.

Depuis 1979, vous êtes professeur-chercheur à l’Université de Montréal et vous êtes titulaire de la première Chaire de recherche du Canada en informatique quantique. Depuis 2006, vous êtes aussi directeur de l’Institut transdisciplinaire d’informatique quantique, que vous avez cofondé et qui rassemble des chercheurs informaticiens, physiciens, théoriciens et ingénieurs. Vous vivez dans un monde qui nous est – pour la grande majorité d’entre nous – totalement inaccessible… Ce n’est pas vrai? C’est très facile? (Rires)

M. Brassard : C’est très simple. C’est très simple.

M. Couillard : « It’s not so spooky », comme disait Einstein?

M. Brassard : Non, non, non. (Rires)

M. Couillard poursuit : Un article qui vous est consacré s’ouvre ainsi : « Gilles Brassard existe-t-il vraiment ou est-il le fruit de l'imagination débridée d'un écrivain de science-fiction? » (Rires)

On vous doit notamment l’invention, en association avec un physicien d’IBM, Charles Bennett, de la cryptographie quantique. Vous êtes aussi l’un des pères de la téléportation quantique, saluée par la revue Science comme l’un des dix exploits scientifiques de l’année 1998. On dit de vos travaux qu’ils seront aussi révolutionnaires pour l’informatique que ceux d’Einstein l’ont été pour la physique. Vous incarnez toute l’importance de la recherche fondamentale. C’est celle-là qui défriche les voies de l’avenir. Vous êtes un authentique génie – laissez-nous vous le dire – comme il en naît un par génération.

Gilles Brassard, au nom du peuple québécois, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

Monsieur Daniel Bertolino

Vous êtes né à Eaubonne, en Île-de-France. Encore adolescent, vous partez, caméra à la main, sous la direction d’un producteur de la télévision française pour relever un défi fou : faire le tour du monde avec 100 $. Cette odyssée va donner jour à une télésérie qui fait un tabac en France : Camera stop. La formule inspirera au Québec – on s’en souvient –, plusieurs années plus tard, La course autour du monde.

Il y a cinquante ans, vous atterrissez au Québec pour prononcer des conférences au pavillon de la Jeunesse d’Expo 67. Et vous ferez de Montréal votre port d’attache. Vous fondez, avec François Floquet, la maison de production cinématographique Via le monde. Depuis, vous n’avez cessé de fasciner les Québécois et le monde avec des récits époustouflants. En 1968, vous êtes aux côtés de Fidel Castro, et le film que vous en tirez vous vaudra la célébrité. De l’Amazonie à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, vous montrez des modes de vie ancestraux. En 1974, vous filmez Kadhafi. En 1976, vous nous amenez chez les peuplades des forêts tropicales. Au début des années 80, vous réalisez une télésérie sur les Autochtones d’ici, Les légendes indiennes du Canada, qui sera diffusée dans pas moins de dix-sept pays. Vous étendez la formule dans un projet ambitieux, Contes et légendes du monde, qui nous fait découvrir l’autre histoire d’une trentaine de pays. En 1986, vous réalisez Le défi mondial, qui connaîtra un énorme succès dans une soixantaine de pays. Cette télésérie en six épisodes, présentée par Peter Ustinov, demeure un chef-d’œuvre de vulgarisation. Et vous continuez, voyageur infatigable, avec des productions comme Rêves d’Afrique, Points chauds, Agenda pour une petite planète. Vous montrez un monde en ébullition : Nicaragua, URSS, Iran, Chine et le Québec, tout récemment. En 2014, vous remontez jusqu’à nos racines avec le film Missionnaires. Vous avez montré le monde aux Québécois. Daniel Bertolino, au nom du peuple québécois, je vous fais officier de l’Ordre national du Québec.

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Mise en ligne : 30 mai 2011
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