Ordre national du Québec - Honneur au peuple du Québec

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Andrée Ménard (1926 – 2019)

Chevalière (2010)

Andrée Ménard, qui était membre des Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception, avait mis sur pied PROMIS. Pendant plus de vingt ans, elle a été la cheville ouvrière de cet organisme du quartier Côte-des-Neiges de Montréal, qui, sous sa houlette, a aidé des dizaines de milliers de personnes (immigrantes, réfugiées, démunies et isolées) à pleinement s’intégrer à la société québécoise.

Mme Ménard naquit à Montréal en 1926. À 16 ans, grâce à une formation commerciale, elle trouva un emploi dans un bureau de notaire. À 20 ans, faisant suite à une assez longue pause réflexive avec éloignement de son activité professionnelle, elle a généreusement contribué à la Jeunesse indépendante chrétienne féminine. À 23 ans, elle rencontra, pour la première fois, à Outremont, lors d’une retraite fermée, les Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception. À 24 ans, elle entra dans cette congrégation. À 26 ans, son noviciat terminé, elle fit profession. À 29 ans, elle scella son engagement religieux définitif.

En 1959, elle fut affectée au Japon, et ce, après avoir donné des leçons de musique (piano, violon et chant choral) au Québec et au Nouveau-Brunswick. Jusqu’en 1961, en plus d’étudier les méthodes japonaises d’enseignement du violon, elle faisait l’apprentissage de la langue et de la culture nippones. Puis, elle s’est consacrée surtout au travail pastoral et social du Japon, et ce, sur deux décennies et demie. Entre-temps, en 1970, elle suivait un cours intensif de pastorale adaptée aux cultures asiatiques à l’East Asian Pastoral Institute de Manille.

En 1986, elle était définitivement de retour dans sa ville natale. Elle y a découvert le visage de l’immigration, comme elle se trouvait à habiter dans le quartier de Côte-des-Neiges, plus multiethnique que par le passé et devenu un point de chute pour de nombreux nouveaux arrivants pauvres.

En 1987, la religieuse se mit en quête de collaborations pour monter une structure d’aide propre à ces nouveaux résidents de Montréal. L’année suivante, elle lança, à cette fin, avec l’appui de trois jeunes immigrants (un Haïtien, un Bolivien et une Vietnamienne), dans Côte-des-Neiges, PROMIS, un organisme multiconfessionnel dont l’appellation découle de la contraction de PROMotion-Intégration-Société nouvelle.

Constitué légalement, en 1989, PROMIS, dirigé par Mme Ménard, a mis en place, en moins de cinq ans, une halte-garderie gratuite, des cours de français, du soutien scolaire, des cuisines collectives et une aide alimentaire pour les feMmes enceintes à risque de donner naissance à un bébé de trop faible poids. Au fil des années, l’organisme n’a cessé de s’adapter pour aider au mieux les nouveaux arrivants et les moins bien nantis, sans jamais modifier sa mission : intégrer les immigrants et les réfugiés, défendre les droits de ces personnes et répondre aux besoins exprimés par la population locale dans la perspective de construction d’un vivre-ensemble.

À l’automne 2010, Mme Ménard abandonna son poste de directrice générale de PROMIS. À la mi-2011, elle délaissa la vice-présidence du conseil d’administration. L’usure et la fatigue l’ont en effet contrainte à passer les rênes à d’autres. Lors de son départ de l’organisme, ce dernier comportait un effectif salarié d’une bonne trentaine de personnes aux origines très diverses ainsi qu’une très grosse brigade bénévole. Il offrait aussi une gaMme élargie d’activités et de services : traduction et interprétation, recherche de logement, soutien aux familles, insertion en entreprise, aide à l’établissement en région, formation civique et citoyenne, jumelage amical, animation collective variée, accompagnement individuel, etc. De plus, il continuait, dans un esprit de rapprochement interculturel et de cohabitation dynamique, à mettre de l’avant les valeurs de respect, de tolérance, de non-discrimination et de justice sociale dans ses interventions.

Par ailleurs, la gouverneure générale du Canada avait nommé Mme Ménard membre du conseil d’administration de la Fondation canadienne des relations raciales. Cette dernière y a été vice-présidente de 2003 à 2005 et présidente intérimaire de 2005 à 2007.

Online as of: September 27, 2011