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Antoine Desilets (1927 – 2019)

Chevalier (1990)

Antoine Desilets était une grande figure du photojournalisme, à telle enseigne que d’aucuns le considèrent comme le père de la photographie de presse québécoise. On lui doit des ouvrages de vulgarisation, dont plusieurs traduits (en anglais, en espagnol et en portugais) et distribués à travers le monde, qui ont permis à des centaines de milliers de personnes d’apprendre à bien photographier. Il a cédé aux Archives nationales du Québec les droits de la quasi-totalité des quelque 120 000 images que comportait sa photothèque.

M. Desilets naquit à Montréal en 1927. Cadet d’une famille de dix enfants, il fut placé, à l’âge de 9 ans, à l’orphelinat de l’hôpital du Christ-Roi de Nicolet à la suite du décès de sa mère.

Il a été initié très jeune à la photographie par un grand-oncle, un enseignant religieux au séminaire de Nicolet. Adolescent, il fréquentait une école secondaire de la région de Montréal et a suivi un cours de photo par correspondance. À 18 ans, il s’engagea dans l’armée de l’air. Après six mois de service militaire, il a pu bénéficier, sur dix-huit mois, d’une solide formation en photographie à la base aérienne de Rockliffe.

Il s’est lancé dans la photographie professionnelle en étant pigiste et vendeur d’appareils, soit à Montréal, chez L. L. Lozeau et Henri Savard Photo.

En 1955, il fut embauché comme photographe industriel à Canadair, d’où il a été congédié pour avoir emprunté un appareil-photo le temps d’une fin de semaine.

De 1957 à 1961, il était salarié du Studio David Bier. D’abord développeur, il y est devenu photojournaliste, avec le sport comme spécialisation.

En 1961, il intégra l’équipe élargie du journal La Presse comme l’un des photographes pour Le Magazine La Presse, un cahier couleur du samedi. En 1969, ce supplément a été remplacé par l’encart hebdomadaire Le Magazine Perspectives, qui accompagnait plusieurs quotidiens du Québec. C’est ainsi qu’avec la disparition du Magazine La Presse, M. Desilets s’est retrouvé à la couverture quotidienne du journal, et ce, pour quatre ans. En 1974, il quitta La Presse pour rejoindre Le Jour, un quotidien indépendantiste nouvellement fondé. Il y est resté pendant deux ans, soit jusqu’à la cession des activités, en août 1976.

Puis, par l’intermédiaire du gouvernement fédéral, il est allé enseigner, jusqu’en 1978, le photojournalisme au Sénégal, au Centre d’études des sciences et techniques de l’information, un établissement public d’enseignement supérieur à vocation panafricaine.

En 1981, il se mit à collaborer à la nouvelle revue Photo Sélection, à laquelle il a su insuffler une grande crédibilité. D’autres revues ont diffusé ses conseils techniques au cours de sa carrière.

Par la suite, il a continué d’exercer, à la pige, son métier de photographe dans une sorte de semi-retraite que lui permettaient les recettes générées par la vente phénoménale de ses livres techniques.

Comme auteur ou coauteur, M. Desilets a publié une bonne dizaine d’ouvrages à destination des amateurs et des professionnels de la photo : Apprenez la photographie, La technique de la photo, Les insolences d’Antoine, Je prends des photos, Je développe mes photos – Tous les secrets de la chambre noire, Photo-guide, La photo de A à Z, La photo à la portée de tous, Le guide des accessoires et appareils photos, Découvrez le monde merveilleux de la photographie et Le guide photo.

Ces livres, au-delà de leur dimension didactique, ont fait connaître l’art photographique en tant que tel au grand public.

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